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ClientProVisionDateAugust, 2018AuthorJohn MilesShare

Dans de nombreux programmes d’entrepreneuriat, l’accès au financement est présenté comme la principale difficulté rencontrée par les porteurs de projets. Cette difficulté est réelle. Mais elle cache souvent un autre problème : un grand nombre de projets ne sont pas encore suffisamment structurés pour recevoir un financement.

Un investisseur ou une banque ne finance pas uniquement une idée. Il évalue également la compréhension du marché, la capacité de l’équipe, la rentabilité potentielle, les risques, l’organisation juridique et la qualité du plan d’exécution.

La question n’est donc pas seulement : « Comment financer davantage d’entrepreneurs africains ? » Elle est aussi : « Comment préparer davantage de projets africains à devenir finançables ? »

La distance entre l’idée et l’entreprise

Un porteur de projet peut être convaincu de la pertinence de sa solution sans avoir précisément identifié sa clientèle. Il peut sous-estimer ses charges, surestimer son chiffre d’affaires ou choisir un modèle économique difficile à mettre en œuvre.

Ces erreurs ne sont pas nécessairement dues à un manque de compétence. Elles proviennent souvent d’un manque d’outils, d’accompagnement et de méthode.

C’est pourquoi la pré-incubation constitue une étape essentielle. Elle intervient avant l’incubation avancée et avant la recherche intensive de financement. Son objectif est de transformer une intention entrepreneuriale en un projet cohérent, documenté et mesurable.

Un parcours progressif plutôt qu’une formation ponctuelle

La pertinence du modèle ENTRE-PRENDS repose notamment sur son parcours structuré en sept étapes : profil entrepreneurial, problème, marché, Business Model Canvas, finance, juridique et opérationnel.

Cette progression oblige le porteur de projet à répondre aux questions essentielles dans un ordre logique. Avant de chercher de l’argent, il doit comprendre le problème qu’il souhaite résoudre. Avant d’effectuer des projections financières, il doit définir son marché et son modèle économique. Avant de démarrer ses activités, il doit réfléchir à son cadre juridique et à son organisation.

Le système de scoring et de badges permet ensuite de mesurer la maturité du projet. Cette logique est importante, car tous les entrepreneurs n’ont pas besoin du même accompagnement au même moment. Certains doivent encore clarifier leur idée, tandis que d’autres sont déjà prêts à rechercher des partenaires ou des financements.

La contextualisation africaine comme facteur de réussite

De nombreux outils de création d’entreprise disponibles en ligne ont été conçus pour des environnements économiques, juridiques et administratifs différents des réalités africaines.

Or, un entrepreneur sénégalais, ivoirien, béninois ou malien doit prendre en considération les formes juridiques applicables, les démarches locales, les coûts administratifs, les habitudes de consommation, les méthodes de paiement et les réalités du financement.

ENTRE-PRENDS répond à cet enjeu en intégrant le contexte OHADA et en couvrant déjà plusieurs pays. La plateforme peut ainsi proposer des simulations plus proches des conditions réellement rencontrées par les entrepreneurs.

Cette contextualisation permet de réduire l’écart entre la formation et l’exécution. L’utilisateur ne travaille plus uniquement sur un modèle abstrait : il prépare un projet adapté à son environnement.

Le business plan doit devenir un outil de décision

Dans certains programmes, le business plan est considéré comme un document administratif destiné à obtenir un prêt ou à participer à un concours. Pourtant, sa principale fonction devrait être d’aider l’entrepreneur à prendre de meilleures décisions.

Un business plan utile doit permettre de comprendre le niveau d’investissement initial, les charges mensuelles, le seuil de rentabilité, les besoins en trésorerie et les risques liés au projet.

Il devrait également évoluer selon son destinataire. Une banque s’intéressera principalement à la capacité de remboursement et aux garanties. Un investisseur examinera le potentiel de croissance et la création de valeur. Un partenaire institutionnel observera davantage l’impact du projet.

Le modèle proposé pour l’évolution d’ENTRE-PRENDS prévoit justement un business plan guidé, des modèles adaptés aux secteurs d’activité, un chiffrage intelligent, différentes versions selon les cibles et un score de bancabilité. Cette approche pourrait considérablement améliorer la qualité des dossiers présentés aux structures de financement.

Un avantage pour l’ensemble de l’écosystème

La pré-incubation numérique ne profite pas uniquement aux entrepreneurs.

Les incubateurs reçoivent des projets mieux préparés et peuvent consacrer davantage de temps aux enjeux stratégiques. Les banques disposent de dossiers plus cohérents. Les programmes publics peuvent suivre la progression des bénéficiaires. Les universités peuvent intégrer des exercices pratiques dans leurs formations.

Un parcours standardisé facilite également l’évaluation. Deux projets peuvent être analysés à partir de critères comparables : compréhension du problème, validation du marché, solidité financière, préparation juridique et capacité opérationnelle.

Cela ne remplace pas le jugement humain, mais améliore la qualité de l’accompagnement.

Financer après avoir structuré

Le financement demeure indispensable au développement des entreprises africaines. Mais injecter des ressources dans un projet insuffisamment préparé augmente les risques d’échec.

À l’inverse, un entrepreneur qui connaît son marché, maîtrise ses chiffres et dispose d’un plan d’action précis utilise plus efficacement les ressources qui lui sont confiées.

L’enjeu consiste donc à créer une continuité entre formation, pré-incubation, incubation, financement et pilotage.

Des plateformes comme ENTRE-PRENDS peuvent constituer le premier maillon de cette chaîne. Elles transforment l’idée en projet, le projet en dossier crédible et le dossier en entreprise potentiellement finançable.

Pour soutenir durablement l’entrepreneuriat africain, il faut certes mobiliser davantage de capitaux. Mais il faut surtout construire davantage de projets capables de les recevoir, de les utiliser et de créer de la valeur.